mercredi 16 décembre 2015

Croisée des chemins

Dans la vie, je ne vous apprendrai rien si je vous dis que les hauts et les bas se succèdent. Je me considère privilégiée de n'avoir connu, somme toute, que des petits bas: j'ai un toit, un travail que j'aime, un conjoint qui m'aide à devenir meilleure, une famille en santé, un réseau d'amis et de connaissances bienveillants. C'est difficile de demander plus que ça. 

Toujours est-il que malgré ma capacité à surfer sur les vagues et éviter les écueils, ma famille entre actuellement dans un creux de vague. Sans entrer dans les détails, il y a du changement dans l'air. Ce changement en entraîne d'autres. En clair, j'ai notamment dû cesser ma collaboration avec mon coach numéro 4...et ce, bien malgré moi, car ça allait plutôt bien. 

Me voilà donc solo pour un p'tit bout. J'aime bien me rappeler qu'en chinois, le mot «crise» se compose de deux caractères: l'un représentant le danger et l'autre, une occasion à saisir, une opportunité. 

Un peu déconcertée au départ suite à cette décision (danger), je me rends compte que j'ai derrière moi cinq ans de plans d'entraînement. Je devrais être capable de faire de quoi de «potable» avec ça. Je me dis que je peux maintenant ajuster l'horaire pour que ça fitte vraiment avec ma vie (opportunité). J'ai confiance qu'après 5 ans d'entraînement assidu, ma motivation ne disparaîtra pas parce que je ne reçois plus de programme chaque semaine. Curieusement, je le vois comme un défi. 

Ma plus grande appréhension concerne la planification de mon premier marathon que je voulais courir en octobre 2016. Cette épreuve n'a jamais été intégrée dans mes planifications et je me questionne sur comment jongler avec la fin d'une saison de triathlon et la préparation d'un marathon. Je vais peut-être reconsidérer ce projet, ou demander conseil. On verra...  

Face à ce changement, «On a toujours le choix» prend tout son sens. On braille sur ce qu'on a perdu ou bien on regarde ce qu'on a et on essaie d'en tirer le meilleur parti. 

Que sera, sera et joyeuses fêtes à vous tous, chers lecteurs ! 

lundi 2 novembre 2015

Baptême de trail! Finale de la coupe XC3R

Que j'aime les premières fois! Cette course était au programme depuis cet été, mon chant du cygne de la saison 2015. 

La météo ne nous a pas gâté. De la pluie, du temps gris. Un vrai temps de novembre. J'ai failli ne pas arriver à l'heure. L'horaire mentionnait que les collations pour les coureurs du 5 et 10 k étaient servies à 13 h. Ne me demandez pas pourquoi mais mon cerveau avait décidé que c'était le départ qui était à 13 h. J'aurais trouvé ça un ti-peu plate comme fin de saison. En train de plier du linge sur le divan vers 9 h, une petite voix dans ma tête m'a suggéré de regarder à nouveau l'heure du départ. Laisse faire le linge Beauté, la course est à 11 heures 30! 

Je ne m'étais jamais rendue sur le site, il y avait encore de belles couleurs même si c'était un peu moche sous la pluie. Malgré la grisaille, la bonne humeur régnait sous la tente où les coureurs du 5 k et 10 k se massaient au départ (masser dans le sens de moton de personnes). Le départ lancé, on a monté une bonne côte dans un chemin d'bouette assez large... j'allais évidemment beaucoup trop vite. J'ai finalement pris un rythme plus acceptable dans un sentier étroit derrière une femme et un jeune garçon de 8-9 ans. Bien qu'agile comme un lutin des bois, il me ralentissait. J'ai profité d'un endroit propice dans le sentier pour accélérer et les passer tous les deux.  

J'ai adoré courir dans la bouette, me laisser aller dans les descentes, bondir à petits pas rapides sur les roches pour éviter de glisser, contourner les jumps de vélo de montagne pas utiles à monter et à descendre. Vers le 3 k, j'ai piqué une bonne fouille dans les feuilles! Pas grave, pas d'mal, Lève tes estit d'patins pour pas accrocher les racines! On continue. Les feuilles orangées et le sol brun mouillé par la pluie contrastent avec la grisaille, A certains moments, c'est l'argile grise qui fait surface. C'est magnifique ! Autrement dit: j'ai les endorphines dans l'tapis, les couleurs sont plus éclatantes, les odeurs plus intenses! J'entends l'annonceur au loin accueillir les coureurs du 5 k, le premier tour a passé vite!
Décidée à garder le chandail jaune bien en vue toute la course! 

Concentrée
Et je suis repartie pour le deuxième tour. Me suis retrouvée derrière un homme qui m'avait dépassé vers le 3-4 k. Je l'ai suivi durant tout le reste de la course. J'ai piqué une autre bonne fouille. L'homme s'est informé si ça allait. Oui. Je me relève, on continue de plus belle. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est toute la concentration nécessaire pour sauter, contourner, ralentir, etc. Cette attention de tous les instants qui permet d'échapper complètement aux pensées toxiques de course (j'vais pas assez vite, j'ai chaud, etc.). La seule chose que je me souviens avoir pensé, c'est que Partner faisait une sauce à spag chez elle pendant la course. C'est profond, ça.

La course s'est terminée sur un petit malentendu chronométrique, les bénévoles m'ayant inscrite par erreur dans le 5 k. Heureusement, comme je suis arrivée 2ième chez les femmes et que les organisateurs notaient les chronos des trois premières place chez les hommes et les femmes, j'ai pu obtenir mon temps.

Epilogue: J'ai quitté le site frigorifiée en constatant que j'avais perdu une gourde... probablement lors de mes élégantes chutes dans la bouette et les feuilles mortes. Je crois avoir pris le temps de boire 3-4 gorgées, ça valait vraiment la peine de les traîner. C'est le métier qui rentre, faut croire!

Merci au Club de trail 3R  d'organiser ces événements accessibles. Ce club regroupe des coureurs de tous niveaux et ils sont super accueillants. De dynamiques profs d'édu représentant bien les valeurs sportives animent cette belle gang. 

samedi 19 septembre 2015

Triathlon de Duchesnay II

Source: 10.21.42 km
Set-up qui sort de l'ordinaire!
Le dernier triathlon de la saison 2015. Comme je le dis chaque année, c'est déjà terminé! Dame Nature nous a offert pour l'occasion une superbe journée de début d'automne: un matin frisquet et par la suite un soleil généreux qui nous a rapidement réchauffé. 

Natation
Le départ se faisait tôt: 7 h 50. Fallait donc être sur la plage du départ 15 minutes avant. Comme le site ouvrait à 6 h et que je n'avais pas fait mon inscription les jours précédents comme l'organisation l'offrait, y avait pas de niaisage. S'inscrire, marquage, installation de la zone de transition, petit réchauffement et go à la plage. J'avais très hâte d'essayer mon nouveau wetsuit en compétition.

Le nouveau wet: Blue Seventy Reaction

J'apprends à la rencontre d'avant-course que le parcours de natation a changé. On se trouve à aller beaucoup moins loin dans le lac. On fait plutôt deux boucles et on se dirige ensuite vers la plage. Le départ des hommes se fait 2-3 minutes après la réunion et les femmes suivent 2 minutes plus tard. Je réussis à nager un peu avant la course. Je me retrouve à l'extrême gauche de la plage et j'ai une belle vue sur la bouée à atteindre et pas beaucoup de femmes autour. On part. Le départ est très calme pour moi, je me dirige vers la bouée, ça va bien. Rapidement, les petits casques oranges des hommes se mettent à apparaître ici et là. Pas beaucoup de casques roses, par contre. J'espère que je ne suis pas égarée. En tournant la première bouée, la soleil m'aveugle. Ayoye, je cherche la deuxième bouée à atteindre, je finis par l'apercevoir. Le reste se passe sans heurts, je reprends la boucle et ensuite go vers la sortie de l'eau.

Source: Pierre Carbonneau, photographe
Le départ de la natation sur la plage: fait si beau!

J'apprends en sortant de l'eau que je suis la deuxième femme. Petit sourire en coin. C'est d'la faute du wet... et des nombreuses sorties en eau libre cet été.

Source: Pierre Carbonneau, photographe
Sortie de la natation avec un beau tapis bien propre 
pour protéger nos petits pieds: la classe!
Vélo
Une transition efficace et je m'élance vers le parcours de vélo. On court sur un bon 200-300 m de la zone de transition avant d'embarquer sur le vélo. La surface gazonnée est cahoteuse, le vélo se fait bardasser. Je l'enfourche finalement pour 8 tours.

Source: Pierre Carbonneau, photographe
La looooongue course bien délimitée vers le parcours de vélo

Mon objectif: compter mes tours. Bon, me forcer aussi. Mais surtout me concentrer et faire 8 tours sans me poser la question vers la fin: c'est mon dernier ou pas ? Y a pas beaucoup de femmes au début, évidemment. Le premier tour est pénible, je m'inquiète un peu. Les autres tours vont beaucoup mieux. Je surveille les filles, me fait dépasser par deux d'entres elles mais je reste toujours pas loin. En fait, j'ai appris plus tard que j'avais probablement un tour ou deux d'avance sur l'une d'elles. Le turn-around à l'extrémité du parcours est aussi serré que l'an dernier. J'ai avalé une barre aux figues (deux morceaux) et un gel vers la fin du parcours.

Partner était dans ma mire tout le long du parcours. Elle gagnait du terrain sur moi tranquillement, encore un demi-tour et elle m'aurait rattrapé. Finalement, j'ai été super focus, j'ai bien compté mes tours et hop, après le huitième, direction sans hésitation vers la transition.

Course
Transition un peu moins su'a coche cette fois. Je me bats avec mes bas. Comme à tous les triathlons de cette année, je pense: Faut que je me trouve des chaussures de course que je peux porter sans bas! En arrivant sur le sentier de la piste cyclable en poussière de roches, je me retrouve derrière une des filles qui m'a dépassé en vélo. Je suis en quatrième place. Enfin, je n'en suis pas certaine à ce moment mais comme le parcours est composé de deux boucles, je repère les premières femmes et c'est ce que j'en déduis après le premier tour. Je la suis pour les premiers 2 k. Je profite d'un turn-around pour la dépasser et hop, je repars de plus belle. J'ai les pieds engourdis mais je suis en forme. Il fait beau. Le parcours ombragé est magnifique. On croise les hommes-gazelles dont la foulée est superbe et ça donne juste le goût de courir vite et bien.
Source: 10.21.42 km Un aperçu du parcours de course à pied

J'ai continué de plus belle durant le deuxième tour. La troisième fille était trop loin pour que je pense aller la chercher. Dans ce contexte, je me suis assurée de maintenir mon effort et d'essayer d'augmenter la cadence vers les deux derniers kilos. La course se passe très vite. Je n'en reviens pas à quel point je me sens bien (sauf les pieds), pleine d'énergie, calme et concentrée. Après le deuxième tour, c'est déjà fini, je me dirige vers l'arrivée. Je termine ce dernier triathlon de la saison satisfaite, le sourire aux lèvres. Pas de bobo, pas de soucis. Permettez-moi aussi de souligner l'organisation hors-pair de Capitale Triathlon: les tapis, banderoles, le parcours bien délimité avec les petits cônes, la médaille qui peut servir de sous-verre (quelle idée géniale!) et bien sûr, les gentils bénévoles et les nombreux spectateurs qui encourageaient. Un très bel événement.

Source: 10.21.42 km
Une chic arrivée colorée: palmiers, tapis, banderoles! 

Finalement, je ne sais pas si c'était:
a) ma surcharge en glycogène des jours qui ont précédé la course
b) le fait que j'aie mangé du solide que je tolérais bien (barres aux figues) sur le vélo
c) une bonne préparation
d) toutes ces réponses sont bonnes
mais toujours est-il que j'ai amélioré mon temps de 4 minutes par rapport à l'an passé: 2 minutes au vélo et 2 minutes à la course. J'en étais très satisfaite, puisque les parcours étaient identiques et les conditions assez similaires, quoique l'an passé, c'était un peu plus humide. L'amélioration en course me réjouit d'autant plus que j'ai l'impression de ne pas avoir fait des progrès fulgurants cette année en course à pied.

Je l'ai passé sous silence mais mon vrai coach (pas Coach-du-Mental) était sur place à cet événement. Il a donc pu m'encourager et m'observer en vélo et à la course. Sa rétroaction après la course: «Tu n'avais pas l'air très accotée sur le vélo...Tu as l'air en forme». Traduction libre: tu n'as pas l'air d'une fille qui vient de finir un olympique. Ça m'a fait réfléchir. D'un côté, je sais que je gère bien mon énergie. De l'autre, je ne prends pas beaucoup de risques. La saison de triathlon se termine néanmoins sur une très bonne note.

Les semaines qui ont suivi ont été consacrées à peaufiner la préparation à l'épreuve de 105 k du Défi Vélo-Mag. C'est la semaine prochaine que ça se passe. Allumez des lampions pour Notre-Dame-de-Dorleta, patronne des cyclistes, afin qu'elle nous offre une température clémente cette année. 

dimanche 19 juillet 2015

Tremblant 70.3 III

Vue de la chambre

Encore un long récit de course pour mes lecteurs assidus qui aiment les détails! Les prochains seront plus succints, j'envisage une nouvelle formule... A suivre! 

Déjà une troisième participation à cette course! Cette année a été aussi mémorable que les autres, d'autant plus que mon séjour s'est déroulé sous le signe de la camaraderie.

La préparation cette année a été différente. Je n'ai pas pris mes congés hebdomadaires d'une demi-journée qui me permettaient de faire des plus longues sorties sans empiéter sur la vie familiale. J'ai donc trouvé ça plus difficile de caser ce genre d'entraînement et je les ai quelques fois raccourci ou moins bien exécuté. Ça joue sur la confiance. En revanche, j'ai couru davantage même si je me suis fait une tite-blessure sortie de nulle part sous le pied gauche au début juin et que mes ardeurs de course se sont ralenties. Et j'ai enfin fait un demi-marathon, un vrai de  vrai, sans faire de vélo avant.

Ceci étant dit, les courses, c'est comme les examens. On s'y présente avec la préparation qu'on a a et on compose avec. On a beau vouloir faire un blitz d'études à la dernière minute (je n'y crois pas vraiment), la préparation à long terme paie davantage: aller à tous les cours, faire les travaux, étudier (et pas juste la veille). Transposition au triathlon: s'entraîner avec assiduité, réaliser une bonne préparation la dernière semaine (nutrition, repos, préparation mentale) et exécuter le jour du triathlon.

Cette année, Coach-du mental ne m'accompagnait pas. Différentes stratégies ont été tentées pour le faire changer d'avis mais peine perdue, il se sentait plus utile près de Petit Loup et voulait aller jouer au golf. C'est compliqué jouer au golf à Tremblant durant le week-end du 70.3, d'autant plus que cette année, le 5150 (olympique) et un sprint se déroulaient le samedi. Ce véritable festival du triathlon a réuni 4000 athlètes et leurs accompagnateurs. Ça fait du people sur le site, ça.

Je partais donc dans les Laurentides comme une grande.

Départ du 5150
Comme j'avais loué un genre de studio en août dernier et que je me retrouvais sans accompagnateur, j'avais offert à Partner de le partager avec elle le vendredi puisqu'elle participait au 5150 le samedi. Son Sherpa l'a finalement accompagné et quand je suis arrivée à la chambre le vendredi soir, je me suis fait accueillir avec un bon spaghetti. J'avais déjà souper mais c'est pas grave, j'avais encore faim. Petite soirée tranquille de papotage entre crevettes estivales (clin d'oeil à Sherpa!). Le lendemain matin, le couple s'est levé tôt pour se préparer à la matinée qui les attendaient. Je les ai accompagné au départ de natation, où enfin je vivais un départ sans la fébrilité et le mal de ventre de devoir moi-même y participer. J'ai rencontré sur place K., une maître-nageuse de mon club convertie au triathlon au cours de la dernière année. Elle préparait son premier demi-ironman depuis septembre dernier. On a donc placoté de choses et d'autres. Elle m'a posé des questions sur la course, on a encouragé les participants qu'on connaissait.

J'ai pris conscience en jasant avec elle que j'avais accumulé un certain nombre de trucs cours des cinq dernières années. On a observé un jeune durant sa transition et c'est là que j'ai introduit K. au fait que la transition, c'est pas le moment de se faire une fondue. Quoi ? Disons que c'est une expression que j'ai emprunté à M. Coach qui m'avait averti de cette façon de ne pas niaiser dans la zone de transition. Des gens perdent de précieuses minutes à se préparer: les fourchettes, les sauces, les accompagnements,...C'est correct surtout si on a un objectif de finir, mais disons qu'avec les efforts que ça coûte pour gruger des minutes à la course ou au vélo, il s'avère cruel de les perdre ainsi en transition. K. l'a trouvé bien bonne et je crois qu'elle sera désormais dans son répertoire d'expressions colorées.

On s'est ensuite entraîné avec G. et sa douce E., deux autres maîtres-nageurs: un peu de nage, un peu de vélo et un peu de course pour réchauffer la machine avant le grand jour. Agréable de le faire en bonne compagnie. Ensuite, je suis retournée dans ma bulle (lire ma chambre) pour dîner et préparer mes tas: tas de linge et trucs pour mon habillement du matin, tas pour la natation, tas pour le vélo et tas pour la course avant le dépôt du vélo dans la zone de transition. Cette année, une difficulté supplémentaire de planification s'est ajoutée. L'hôtel m'a refusé un check-out plus tard, ce qui m'aurait permis de prendre une douche après la course. Il faut dire que cette année, les départs débutaient une heure plus tard, ce qui faisait en sorte que je m'attendais arriver à ma chambre vers 14 h 15. J'ai donc dû paqueter tous mes p'tits afin de vider ma chambre rapidement après avoir installé ma transition au petit matin.

K., G., et votre scribe dévouée. Merci E. pour le cliché!
Je me suis fait ensuite un bon souper maison car j'avais une cuisinette bien équipée dans ma chambre. Ensuite, révision des tas et pognage de beigne en règle, devant la télé. Je dois dire qu'à ce moment (et la veille aussi), je me suis ennuyée de ma famille. Bien que Coach du mental m'ait ordonné de profiter de mon voyage solo, il me manquait. Et Petit Loup. Et Sirène. De toute façon, j'ai eu le moton tout le week-end... ah! ces hormones!

Les betteraves cuites à la maison mais la truite
et la purées de patates douces préparées à la chambre. 

Matin de la course
Après une nuit de sommeil assez récupérateur, le jour se lève et moi aussi. 5 h. Se laver,  s'habiller, se crémer (très important car j'avais omis cette étape l'an dernier), déjeuner (des oeufs et un bagel full confiture, c'était super bon). Oups, j'ai oublié le plus important. Entre se crémer et déjeuner, insérer : aller chercher un café dans le lobby de l'hôtel.

Puis, je me rends à la transition installer mes trucs. Le hasard a fait en sorte que je me retrouve à côté d'une amie d'Unefille qui court. Une nouvelle connaissance de triathlon. La météo est incertaine, de la pluie était au programme. J'avais donc laissé une petite veste coupe-vent (baptisée veste en kleenex car elle est très mince et blanche, limite transparente) dans mon sac de transition de vélo, des fois qu'il mouillerait à boire debout. Une fois mes trucs vérifiés deux fois plutôt qu'une, je laisse tout derrière, me disant que ma natation serait complétée lorsque je reverrais mon vélo.

Retour à la chambre pour faire le check-out. Un autre café aussi. Je vais tout porter mon stock dans mon auto stationnée dans le stationnement sous-terrain de l'hôtel. Je laisse mes clés précieusement à la responsable de l'hôtel. J'ai peur de perdre mon sac d'effets personnels: qu'ils l'égarent ou chai pas, que quelqu'un d'autre parte avec par erreur et que je me retrouve le bec à l'eau, sans clés.

Et je quitte pour me rendre au départ de natation. Seule avec mes pensées. J'arrive sur le site et j'y croise deux membres du club de triathlon avec qui je partage mon corridor de nage 2 à 3 fois par semaine. Ils me dérident avec leurs jokes de gars et m'aident à penser à autre chose. 

Natation
Après une petite trempette pour s'assurer que tout est sous contrôle, je prends mon rang dans le groupe des femmes 40-44 ans. K. y est aussi et une autre future triathlète de mon patelin qui allait réussir dans les heures qui suivraient son premier triathlon, un demi par dessus le marché! Je me dis que j'ai pas mal moins de raison d'être nerveuse qu'elles ce matin.

Le départ est finalement lancé et je pars pour un 1.9 k, probablement 2.1 tellement j'ai l'impression de nager tout croche. L'eau est confortable, rien à signaler. J'enfile les bouées, une après l'autre. Des pensées négatives me traversent l'esprit, genre que je vais faire le même temps que l'an passé , que je pourrais faire mieux. J'essaie de les chasser en me concentrant sur ma technique. J'espère qu'il ne pleuvra pas sur le vélo.

Vélo
La transition se passe rapidement. Je cours du plus vite que je peux, me faufilant entre les autres nageurs qui sortent de l'eau. Arrivée à ma place, j'enfile rapidement mon casque et je pars avec mon vélo. Ma visière tombe. Shit, j'espère qu'elle est pas cassée. Non. Fiou.

Ma préparation à vélo est différente des années dernières. J'ai moins roulé, moins de longues sorties au compteur. Qu'à cela ne tienne, je savais que je suis tout de même plus forte en vélo que l'an dernier, ma performance à Drummondville m'en a convaincu. J'avais hâte de retrouver ce parcours que je connais bien maintenant et que j'apprécie.

Le temps est nuageux, frais, mais pas froid. Pas vraiment de vent ce matin-là non plus. Après quelques kilomètres, je dépasse K., je la félicite pour sa belle natation. Je reprends ma stratégie du vélo confortable. Mais cette année, je n'étais pas confortable. Mon cuissard me faisait mourir. Je ne comprenais pas parce que c'était de l'équipement testé maintes et maintes fois. Restait plus qu'à profiter des descentes pour se soulager le popotin et se changer le mal de place. Quelques grains de pluie sont tombés à mi-parcours mais rien des trombes que la météo nous annonçait. Et pas d'orages non plus.

Sur la Montée Ryan, je me fais dépasser par C., une triathlète de mon club. Facile à repérer avec ses bas de compression rose flash. Je l'encourage à ma façon, genre: Envoye la grosse, t'es capable. Note 1: C. est toute petite. Note 2: Je n'encourage pas tout le monde de la même façon, disons qu'à force de nager dans le même corridor pendant tout l'hiver, on sait ce qu'on peut se permettre! Je rattrape C. à la Montée Duplessis et on s'amuse à se dépasser l'une et l'autre dans les montées et les descentes qui caractérisent cette section du parcours. Un chouette moment! Finalement, je prends le dessus dans la descente de la fin ...ok, ok, à cause de mon poids!

Course
De retour à la transition. Zut, j'ai été un peu moins efficace. J'ai fait un petit détour inutile. On oublie cette erreur. Bas, espads, dossard, visière. Go pour 21 k. Dès la sortie de la transition, je repère les toilettes.  Je ne suis plus capable, j'ai les yeux jaunes depuis au moins 60 minutes. Je ne me décidais juste pas à arrêter pendant le vélo. Je repars, soulagée.

Tentative de mettre ma ceinture dans le bon sens!
Les premiers kilos se déroulent comme prévu. Je me sens bien, prête à affronter ce demi-marathon. Le soleil vient à se montrer le bout du nez et le mercure grimpe. Je me concentre sur trois choses: prendre de la glace pour me rafraîchir aux station, boire, et m'alimenter avec mes gels aux moments prévus. Je pense aussi aux personnes qui ont pris le temps de m'encourager virtuellement au cours de la semaine, avant mon départ. J'éprouve beaucoup de gratitude envers elles pour avoir pris le temps de le faire.

J'aborde bientôt la section du Petit train du Nord. Encore là, ça va bien. Je dépasse les coureurs, quelques femmes. J'aime cette section, les visages défilent et on reconnaît les coureurs. On se salue, on s'encourage. C. apparaît derrière moi, je me demandais où elle était passée! Elle me raconte en riant qu'elle a eu quelques petits ennuis de tuyauterie. Elle est rapide et je l'observe se frayer un chemin devant moi  à travers les dizaines de coureurs qui déambulent à des vitesses différentes.  Un peu plus loin, j'aperçois J., une maître-nageuse qui a troqué ses lunettes et son maillot pour le chandail de bénévole. Elle me réserve un accueil chaleureux à une station d'eau. Ça me fait plaisir de la voir et de sentir son énergie.

Je continue. Le genou droit se met à fatiguer. Je connais ce signe avant-coureur de problèmes avec la B. J'ignore le signe. Je n'arrête pas. Vers le 14 k, la douleur apparaît. Shit...il reste les côtes de la fin à se taper!  Ma vitesse diminue considérablement. Bien sûr, les côtes y sont pour quelques choses mais y a aussi ce couteau (imaginaire) qui s'enfonce sur le côté de mon genou droit à chaque foulée. J'ai sauté en courant (je devais avoir l'air folle) pour changer le mal de place, j'ai tenté d'adapter ma foulée, j'ai accéléré: rien n'y fait. Ça s'estompe, mais ma B me fait savoir que je n'en ai peut-être pas assez pris soin au cours des dernières semaines. Pas grave, je savais qu'y en avait pas pour longtemps.
Arrivée à quelques centaines de mètres de l'arrivée (enfin, ce que je croyais à ce moment), je croise les pompiers nonchalants de l'an dernier, accotés au même endroit.  Je rentre dans le village, avec les cris de la foule et les encouragements. Cependant, au lieu de tourner à droite et de descendre vers l'arrivée, on doit monter dans le village piétonnier. Ayoye, je ne m'y attendais pas. En fait, j'avais compris qu'il y avait un changement dans le parcours mais je n'avais pas compris en quoi consistait LE changement en question. Ça m'a scié un peu les jambes, je l'avoue. Je me rappelle surtout avoir eu l'impression que mes pieds ne levaient pas et que ma posture manquait un peu de tonus.

J'ai finalement franchie l'arche de l'arrivée. Je savais par contre que personne ne m'y attendait. Comme d'habitude, je sanglote un peu (je le fais toujours, je m'y suis habituée). Je me dirige machinalement vers la bouffe mais la faim ne semble pas au rendez-vous. J'attends un peu, je zieute dans la foule d'athlètes si je ne retrouverais pas K.



Ensuite, opération ramassage des p'tits. C'est Coach du mental qui est généralement en charge de cette tâche. Mais cette année, je dois le faire comme une grande. Une fois tous mes graments dans mon auto, dans le stationnement sous-terrain de l’hôtel, je me lance dans une périlleuse mission: retrouver le soldat K. Pour la féliciter, évidemment...mais aussi pour pouvoir prendre une douche à sa chambre, celle-ci ayant accepté gracieusement de me rendre ce service.

Je surveille la transition, je zigonne ici et là. Mais à travers cette foule dense, rien à faire. Je me résous à monter vers son hôtel. Le pire qui peut m'arriver est de retourner à Trois-Rivières toute collée de sueur. Ce n'est pas siiiiii grave. Mais une douche après une course, ça fait partie de la récupération, je pense. Récupération psychologique, disons.

Heureusement, je l'aperçois qui entre avec sa soeur et son beauf dans l'hôtel. Yes! Après les félicitations d'usage, je monte avec eux.

Les madames, y'étaient contentes! 
Je suis sur mon buzz, je peux enfin partager avec quelqu'un d'autre que moi-même les hauts et les bas de la course. En plus, c'est un très bon public:  K. et sa sympathique soeur rigolent à chacune de mes niaiseries. Elles me font penser à moi et ma soeurette. Je m'ennuie d'elle. Le non-moins sympathique beauf me transfère quelques images de moi à la transition et lors de la sortie de natation. Cool! Merci le beauf! La soeur de K. nous oblige (pour notre bien) à une partie de jambes en l'air (au sens figuré) d'une durée de 20 minutes. Je sais que c'est bon pour la récupération mais mautadine, j'étais à boutte après le 20 minutes réglementaires!

20 minutes de torture :)

Mon séjour à Tremblant s'est terminée au resto avec mes amis maîtres-nageurs où on s'est bourré dans le sel et le gras. Miam! J'ai ensuite pris la route vers 19 h, pas si fatiguée puisqu'encore sur l'adrénaline. La route était belle et j'ai pu ressasser les belles rencontres et les moments de camaraderie du week-end. 

Epilogue
Alors que je craignais pour ma B, c'est mon pied qui m'a lâché le lendemain de la course. Une drôle de douleur, causée probablement par un petit os qui s'est déplacé (cuboïde). Tout ça a fini en petite tendinite et j'en ai eu pour un bon 2 semaines sur les blocs pour la course.

Fin de Tremblant 70.3 III.

A l'an prochain ? Je ne sais pas, on verra!